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« On dit que tout homme doit être élevé de façon à ne point se faire moquer des femmes. […]

Pour intimider à ce point les hommes, quel être merveilleux que la femme, croirait-on, alors que par nature, elle est toute perversion. Profondément attaché à soi et d’une extrême convoitise, ignorant la raison des choses et l’esprit prompt à se porter toujours à l’égarement, artificieuse en paroles et refusant de répondre à la question la plus anodine : serait-ce prudence? mais la voici qui, sans qu’on lui demande, débite les pires indiscrétions! La profondeur de ses ruses, ses faux apprêts, penserait-on, doivent passer la sagesse des hommes, mais elle ignore que la vérité se dévoile tout aussitôt. Point droite, pourtant point adroite – telle est la femme. Vouloir suivre son cœur et s’en faire bien voir, quelle misère! Pourquoi donc se laisser intimider par elles? S’il était une femme intellectuelle, elle serait également distante et ennuyeuse. C’est seulement quand on lui obéit, esclave égaré, qu’une femme peut paraître douce et digne d’intérêt. »

Urabe Kenkô, Les heures oisives, CVII