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« Un jeune homme, dit Confucius, devrait être traité avec les plus grands égards. Comment sais-tu s’il ne sera pas, un jour, tout aussi précieux que tu l’es maintenant. Celui qui est arrivé à quarante ou cinquante ans sans s’être distingué en rien, celui-là ne mérite aucun égard. » 

Cette sentence, Confucius l’a illustrée tout au long de son commerce avec ses élèves. Comme il les observe! Comme il les évalue prudemment! Il se garde de leur nuire par une louange prématurée. Il se laisse aller et il est heureux s’ils méritent une louange sans restriction. Il ne blâme pas sans ôter au blâme sa pointe nocive. Il se laisse critiquer par ses élèves et leur répond. Malgré tous les principes selon lesquels il procède, son évaluation du caractère reste empirique. Deux de ses élèves sont-ils réunis, il les interroge sur leurs souhaits intimes et formule ensuite le sien. On n’y sent guère le blâme; c’est plutôt un confrontation entre des natures diverses.

Mais il ne fait aucun mystère de son profond amour pour Yen-Hui, le pur, qui est sans succès dans le monde; et lorsque cet élève préféré meurt, à l’âge de trente-deux ans, il ne dissimule pas son désespoir. »

Elias Canetti, Confucius dans ses Entretiens
in La conscience des mots, LP p. 247

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Le texte cité par Canetti est le §. 23 du Livre IX des Entretiens de Confucius.

子曰。後生可畏、焉知來者之不如今也 四十五十而無聞焉、斯亦不足畏也已 。

 

 

 

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