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Aujourd’hui, un aperçu de ma lecture passionnante du moment : Les christianismes disparus  de Bart Ehrman, un ouvrage consacré, comme son nom l’indique, aux multiples groupes chrétiens qui ont coexisté aux IIe et IIIe avant que l’un de ces groupes ne l’emporte sur les autres, se définissant lui-même comme orthodoxe et qualifiant les autres d’hérétiques. L’ouvrage se focalise en particulier sur les enjeux de la délimitation du corpus des textes sacrés (c’est d’ailleurs ce qu’indique le sous titre de l’ouvrage : « la bataille pour les Ecritures : apocryphes, faux, censures« ).

Un des chapitres de l’ouvrage est consacré à l’Evangile de Thomas, un texte découvert parmi les manuscrits de Nag Hammadi en 1945. Le texte est censé avoir été écrit par un certain Didyme Judas Thomas dont une tradition fait le frère jumeau de Jésus. Le texte se compose de propos attribués à Jésus, et ne fait aucune référence à sa mort ou à sa résurrection. Parmi les 114 propos qui composent cet évangile, 79 ont des équivalents dans les Evangiles canoniques, les autres sont parfois assez surprenants, notamment ceux-ci :

« Lorsque vous ferez des deux un, et que vous ferez l’intérieur comme l’extérieur, et l’extérieur comme l’intérieur, et le haut comme le bas, et que vous ferez du mâle et de la femelle un seul et même être, de façon que le mâle ne soit plus mâle et la femelle ne soit plus femelle […] c’est alors que vous entrerez dans le Royaume. »

Propos 22

« Simon-Pierre leur dit : « Que Marie nous quitte, car les femmes ne sont pas dignes de la Vie. » Jésus dit : « Voici que moi je l’attirerai pour la rendre mâle, de façon qu’elle aussi devienne un esprit vivant semblable à vous mâles. Car toute femme qui se fera mâle entrera dans le Royaume. »

Propos 114

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J’espère que cela suffit à piquer votre curiosité sur le sujet. Si vous êtes sages, je vous raconterai quelques autres belles histoires à faire se dresser sur la tête les cheveux des militants de la Manif pour tous.