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Les heures oisives du moine Kenkô ne contiennent pas seulement des témoignages instructifs sur le raffinement de la culture du japon médiéval ou des considérations d’une profonde sagesse, elles recèlent aussi des histoires improbables (comme on dit aujourd’hui avec un anglicisme qui n’est plus lui même improbable) comme celle qui suit.

LXVIII

Il y avait, dans la province de Tsukushi, quelqu’un dont le nom m’échappe et qui était comme un Préfet de police. Il tenait les navets pour une merveilleuse panacée ; il en mangeait deux grillés, chaque matin, depuis des années. Un jour que, profitant de ce qu’il n’y avait personne à la résidence, des ennemis avaient attaqué et donnaient l’assaut de toute part, voici que deux guerriers firent soudain irruption et, luttant sans regarder au péril de leur vie, les rejetèrent tous en déroute. Absolument stupéfait : « Messieurs, » leur demanda-t-il, « on n’a point l’honneur de vous voir ici d’habitude ; qui êtes vous donc pour combattre ainsi? » « Ceux à qui, vous faites confiance depuis des années en les mangeant chaque matin : des navets, pour vous servir ». Et, là dessus, de disparaître. Telle est la vertu d’une profonde foi.

Heureusement que la dernière phrase nous ramène à un enseignement spirituel! Je vous laisse d’ailleurs  le soin de proposer la nouvelle formulation du proverbe « la foi déplace les montagnes »  que doit vous inspirer cette édifiante histoire.

Je vous recommande également le chapitre suivant (LXIX) qui exploite, lui aussi, la veine trop méconnue du fantastique légumier en mettant en scène la conversation entre les petits pois qui cuisent dans la casserole et les cosses de ces mêmes pois qui alimentent le feu qui les cuit.

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Enfin, ce blog manquerait à sa tâche s’il n’opérait pas un rapprochement avec un des fleurons du kitsch  télévisuel français des années 80.

Aux lecteurs trop jeunes pour avoir connu la période de diffusion de ces « œuvres » et aux visiteurs de contrées éloignées  qui ont afflué ces derniers temps sur ce blog, je suggère, s’ils veulent en savoir plus, de jeter un œil à cet article de blog  (si vous n’êtes pas découragé par la publicité qui pourrit ce blog, vous pousserez peut-être la curiosité jusqu’à chercher les articles consacrés par son auteur à l’analyse de plusieurs épisodes des aventures du héros à tête de citrouille).

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