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Tu t’accuses de crimes
Que tu n’as pas commis.
Tu tourmentes les chaînes
De ton cœur mal soumis.
Tu cherches qui pourrait
Te servir de bourreau
Et ton meilleur ami
A le regard qu’il faut

Cruauté sur la terre,
Cruauté sur toi-même,
Pardonne-toi d’être homme
Et de te voir changer,
Pardonne-toi le somme
De tes yeux fatigués,
Pardonne à cette main
L’angoisse de ces mots,
Pardonne à tous les maux
Dont s’enfle ta raison,
Pardonne-toi ce jour
Entrant par la fenêtre,
Pardonne-toi le doute
Ou repose ton être
En cette après-midi
De février le dix.

Jules Supervielle, Le forçat inconnu

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