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Après le philosophe escargot, découvrons le philosophe araignée.

« Est-ce une chose déjà si fermement établie que notre raison ne puisse rien connaître du règne surnaturel? Se peut-il que l’homme tisse ses idées sur Dieu comme l’araignée tisse sa toile dans le but de capturer des mouches? Ou, en d’autres mots : ne pourrait-il point y avoir des êtres qui s’émerveillent de nos idées sur Dieu et l’immortalité comme nous admirons l’araignée et le vers à soie » 

Lichtenberg, Le miroir de l’âme (p.562)

L’utilisation de la métaphore de la toile d’araignée pour rendre compte de l’entreprise de connaissance n’est pas excessivement déconcertante. On peut la rapprocher de la métaphore du filet qu’on rencontre notamment chez Popper pour qui « les théories sont des filets destinés à capturer ce que nous appelons le monde ». Ce qui est déconcertant dans la métaphore proposée par Lichtenberg, c’est que les êtres susceptibles d’admirer nos idées sur Dieu comme nous admirons les toiles d’araignées sont justement les êtres qu’on essaierait attraper avec ces moyens dérisoires.

Reste qu’il vaut peut-être mieux pour le philosophe être comparé à l’araignée qu’à la mouche.